Ce qu'en pensent les
entreprises américaines  

 

La communication est, aujourd’hui, majoritairement écrite et numérique. Nous remarquons une détérioration de l’orthographe, alors même qu’elle est de plus en plus nécessaire. Les entreprises anglo-saxonnes l’ont bien compris et se mobilisent.

Pourquoi et comment ?

 

États-Unis et Royaume-Uni : même combat

Les managers américains se battent contre l’épidémie de « dérapages » orthographiques qui sévit au travail explique Sue Shellenbarger, dans le Wall Street Journal. Un tel relâchement du langage donne, d’après eux, une mauvaise impression aux clients, nuit à l’efficacité des outils marketing et génère des erreurs de communication.

Cette problématique touche les États-Unis, mais aussi l’Angleterre, puisque de nombreux professionnels, comme Michael Skapinker, du Financial Times, s’accordent à dire que « l’orthographe est un outil vital pour les cadres ». Il nous explique que la grammaire n’est pas importante parce qu’elle apprend ce qui est juste ou faux ; elle l’est, car elle montre la manière dont le langage est construit. La structure des phrases, les temps utilisés nous aident à nous exprimer d’une manière compréhensible de tous. Ce savoir-faire nous permet également de comprendre comment les autres l’utilisent dans le journalisme, l’écriture de fictions ou la publicité.

 

Mise en garde de Kyle Wiens

Kyle Wiens, CEO de iFixit.com (le plus grand site Internet de manuels d’utilisation) a jeté un pavé dans la mare lorsqu’il a dit haut et fort ce que beaucoup pensaient tout bas : « Je n’embaucherai pas quelqu’un qui ne sait pas maîtriser la grammaire. ». Il n’a aucune tolérance en ce qui concerne les erreurs grammaticales qui font, selon lui, passer les gens pour des personnes stupides.

Il explique que la grammaire est une compétence importante pour tous les salariés de l’entreprise. Lorsqu’elle est juste, elle apporte de la crédibilité surtout en matière de communication en ligne. « Dans les articles de blog, les profils Facebook, les e-mails, les mots sont les seuls éléments dont vous disposez. Ils sont votre projection […] » précise-t-il et il ajoute que l’on va vous juger là-dessus.

Sa tribune dans la Havard Business Review du 20 juillet 2012 a fait grand bruit et a été amplement relayée et commentée sur Twitter. Tous ne furent pas unanimes quant à la position de Kyle Wien, certains employeurs défendant le fait que l’on sélectionnait un candidat surtout sur sa bonne volonté et que l’on pouvait, par la suite, former le salarié au savoir-faire, notamment orthographique. Notons combien cette approche est américaine et ne correspond pas au système français de recrutement qui cherche le plus souvent à faire entrer les postulants dans des cases.

 

Augmentation des formations en orthographe

Une étude de la SHRM (Society for Human Ressource Management) et de l’AARP de 2012 montre que, sur 430 employeurs américains interviewés, 45 % ont intensifié les stages de remise à niveau concernant les connaissances de base (orthographe) et les compétences appliquées. 51 % des DRH participant au sondage soulignent le fossé qui sépare aujourd’hui les salariés de 31 ans et moins des employés de 50 ans et plus en ce qui concerne l’expression écrite, l’orthographe et la grammaire.

Comme le remarque M. Garner, auteur de nombreux livres sur l’écriture dont Garner’s modern american usage : « Il y a 25 ans, il était impossible de mettre la main sur quelque chose qui n’avait pas été relu par un professionnel. Aujourd’hui, il est difficile de mettre la main sur quelque chose qui a été relu. »