Suis-je le seul à faire des 
fautes d'orthographe ? 

 

Rassurez-vous, vous n'êtes pas le seul.
Mais, pourquoi arrivons-nous si difficilement à nous débarrasser des fautes d’orthographe ?

 

L’orthographe du français est ardue

Comme l’explique Jean-Pierre Jaffré, linguiste et chercheur au CNRS, c’est la grammaire qui pose le plus de problèmes et fait de l'orthographe du français l'une des plus difficiles au monde.

Il compare les langues anglaise et française. L’anglais se caractérise par une orthographe lexicale complexe, comprenant un taux important d'homophones (deux mots différents possédant la même prononciation) mais son orthographe grammaticale peut être considérée comme transparente.

Le français, lui, a une orthographe lexicale moins complexe que l'anglais, mais son orthographe grammaticale est particulièrement opaque.

Selon lui, cette opacité est la source majeure d'erreurs, y compris chez les experts, qui sont causées par deux difficultés principales : l'accord (en genre et en nombre) et l'homophonie, notamment verbale (comme la confusion entre les terminaisons en er/ez/é).

 

Le niveau d’orthographe a baissé

Une enquête menée par Danielle Manesse et Danièle Cogis en 2007 montre la régression qui s’est opérée en vingt ans : « Les élèves de 5e de 2007 ont le niveau des élèves de CM2 de 1987.». Ainsi, pour une même dictée à partir d’un texte d’une dizaine de lignes, le nombre d’erreurs a augmenté de 73 % : il s’agit principalement d’erreurs grammaticales.

Or, nous nous sommes tous arrêtés de faire de l’orthographe et de la grammaire en 3e pour nous intéresser, dans les classes suivantes, à l’étude de texte et à la rédaction. Nous arrivons ainsi, adultes, dans le monde du travail avec un niveau qui a fortement baissé et est équivalent à celui de la 5e. La dégradation de l’expression écrite en entreprise n’a donc rien d’étonnant

 

La sacro-sainte dictée stigmatise

Notre société sacralise l’orthographe, accompagnée de sa sacro-sainte dictée. Combien de fois avons-nous entendu : «  Si le niveau baisse, c’est que l’on ne fait pas assez de dictées » et combien de fois avons-nous frissonné à la seule perception de ce mot ?

Cependant, la dictée traditionnelle est assez réductrice. Elle consiste en effet à produire à l’identique, en l’absence de toute aide extérieure, un texte lu. Or, notre grammaire, pour être maîtrisée, demande de comprendre la logique de la phrase, de percevoir le sens du texte… bref de se creuser les méninges  et non de reproduire machinalement.

Des professeurs comme Karine Dodokal l’ont bien compris et proposent aux écoliers des dictées qui cassent les codes, permettent de tricher, d’échanger sur les mots et de réussir à les dompter. Avec elle, les enfants vivent les dictées comme des défis personnels et collectifs.

 

La relecture, une technique en soi

Il n’est pas si simple de se relire et d’adopter la double posture de celui qui écrit et de celui qui lit. En effet, au lieu de nous concentrer sur l’orthographe pure et dure, nous avons toujours tendance à faire attention au sens, aux arguments et au style.

De plus, ce n’est pas parce que l’on connaît les règles de grammaire que l’on réussit à les appliquer au bon endroit, au bon moment et de manière systématique. 

Enfin, la course au temps effrénée, dans laquelle nous nous trouvons, nous pousse à diffuser nos écrits sans les avoir relus. Erreur fatale dans certains cas ;-)

 

D'accord, mais que faire ?

# 1. Déstressez-vous

Les erreurs sont inévitables. Votre objectif est de les corriger avec plus ou moins d’exigence en fonction du contexte, du document, de son importance et de l’image que vous souhaitez donner.

# 2. Connaissez-vous vous-mêmes

Relevez les fautes que vous faites le plus fréquemment et concentrez-vous sur elles. Ayez votre check-list personnelle. Nous faisons toujours les mêmes erreurs.

# 3. Cultivez le doute orthographique

Interrogez-vous sur l’écriture des mots, les accords, les conjugaisons et concordances de temps, les homophones. Peaufinez votre stratégie.